Suppression des aides à la mobilité électrique : une économie dérisoire pour un mauvais signal politique

Lors du dernier conseil municipal, la majorité a décidé de supprimer les aides municipales destinées à l’acquisition de vélos à assistance électrique et de véhicules électriques.

Cette décision a été présentée comme une mesure nécessaire dans le cadre des arbitrages budgétaires à venir. Pourtant, lorsqu’on regarde les chiffres, une question se pose immédiatement : quelle économie réelle cette suppression représente-t-elle pour la commune ?

Rapportée à un budget municipal dépassant les 100 millions d’euros, cette économie reste extrêmement marginale. À l’échelle des finances de la ville, elle ne modifiera en rien les grands équilibres budgétaires.

Le sujet n’est donc pas réellement financier.

Le sujet est politique.

Une décision qui envoie un mauvais message

Ces aides avaient pourtant une utilité concrète pour de nombreux habitants. Elles permettaient à certains Istréens de :

  • franchir le pas vers le vélo électrique pour les trajets du quotidien ;
  • réduire leurs dépenses liées au carburant ;
  • limiter leur dépendance à la voiture ;
  • participer, à leur échelle, à la transition écologique.

Dans un territoire où les déplacements occupent une place centrale dans la vie quotidienne, ces dispositifs constituaient un accompagnement utile et accessible.

Leur suppression envoie aujourd’hui un message très clair : les mobilités douces et l’accompagnement de la transition écologique ne sont plus considérés comme prioritaires.

Une suppression décidée avant même l’audit

Un autre élément interroge : cette décision intervient avant même les conclusions de l’audit financier annoncé par la nouvelle majorité.

Autrement dit, avant même de disposer d’une vision complète et objectivée de la situation budgétaire, le choix a déjà été fait de supprimer un dispositif qui concernait directement les habitants.

Cela nourrit forcément une interrogation sur la hiérarchie des priorités retenues.

Les symboles comptent aussi

Certains répondront qu’il ne s’agit que d’un symbole.

Mais les symboles ont une importance en politique. Ils traduisent une orientation, une vision et des choix de société.

Soutenir les mobilités douces, encourager des modes de déplacement moins coûteux et moins polluants, accompagner les habitants dans l’évolution de leurs usages : tout cela ne devrait pas être perçu comme accessoire.

La transition écologique ne peut pas devenir une simple variable d’ajustement budgétaire.

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